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Diego Gary: "Mon père m’a dit qu’il était le fils du grand acteur russe du cinéma muet, Ivan Mosjoukine, qui s’était rendu célèbre dans toute l’Europe". Le 18 juin 2021 a été dévoilée, à Moscou, au 6, Klimentovski pereoulok, une plaque commémorative en l'honneur de Romain Gary, écrivain et diplomate français d'origine russe, unique romancier deux fois couronné par le prix Goncourt. Y est inscrit: "Romain Gary, écrivain français, aviateur, combattant de la France libre, diplomate, a vécu dans cette maison de 1917 à 1921". Romain Gary, écrivain aux multiples facettes, est né en 1914 à Wilna, dans l’Empire russe, et a passé les premières années de son enfance à Moscou, avec sa mère et sa nourrice, avant de partir pour la Pologne et de rejoindre la France, où il sera naturalisé. Cette découverte est le fruit des recherches d'Alexandre Vassine, spécialiste de l’histoire de l’émigration russe du début du XXᵉ siècle, passionné par l'écrivain, révélée dans L’Express le 30 janvier 2019. Diego Gary a écrit une lettre au ministère des Affaires étrangères de la France ainsi qu'à tous les organisateurs de l'installation de la plaque commémorative dédiée à son père à Moscou. "Merci et bravo à Alexandre Vassine dont les recherches ont permis la découverte de l'enfance moscovite de Romain Gary. Il m'est difficile de parler de mon père . Sauf pour dire qu'il s'agit d'un héros au courage extraordinaire et d'un immense écrivain. C'est un homme qui n'a jamais évoqué auprès moi ses origines russes , ni juives d'ailleurs. Je crois qu'il voulait que je sois français sans me léguer le poids de son passé -cette France dont il a écrit "qu'elle coulait dans ses veines même s'il n'avait pas une goutte de sang français".Il m'importe beaucoup ici de vous dire un autre mot sur le sang qui coule dans nos veines . De la même façon , avec la même solennité qu'il m'a révélé à tous premier qu'il était "Émile Ajar" , il m'a assuré aussi qu'il était le fils du grand acteur russe de cinéma muet , triomphant a travers toute l'Europe, Ivan Mosjoukhine . A travers ce légendaire acteur, également, la Russie coule dans nos veines. Merci, merci beaucoup. Diego Gary". "Après ces paroles de Diego au sujet de son père, il est étrange de lire les diverses spéculations des biographes de Romain Gary", Greg Shperling, Groupe international de recherche sur la biographie de Romain Gary. Photo : Diego Gary et ses deux filles, Anne et Élise. Sur la photo de droite : les petites-filles de Romain Gary et Pierre Lévy, ambassadeur de France en Russie (au centre).
5 дней назад
Sur les pages du roman La Promesse de l’aube, Romain Gary (Roman Kacew) raconte comment, à l’âge de dix ans, il fut successivement atteint de deux maladies très graves : la scarlatine puis une néphrite, dont il faillit mourir. Cette histoire, comme bien d’autres épisodes du roman, est entièrement conforme à la réalité. La néphrite, sous une forme particulièrement sévère, amena les médecins qui soignaient le jeune Roman à rendre un verdict alarmant : la situation de l’enfant était désespérée et une opération urgente semblait nécessaire afin de lui enlever un rein. Cependant, sa mère, Mina Kacew, s’y opposa et, avec son énergie légendaire ainsi que sa foi inébranlable dans la « bonne étoile » de son fils bien-aimé, mit tout en œuvre pour obtenir son rétablissement. Finalement, tout se termina heureusement sans intervention chirurgicale et, suivant les recommandations insistantes des médecins, Mina emmena son fils malade quitter la froide ville de Wilno pour le sud, au bord de la mer. En janvier 1925, elle demanda un passeport pour se rendre en Italie, en indiquant comme motif du voyage le traitement médical de son fils. Le 2 février, elle obtint ce passeport, sur lequel Romain figurait également, et ils partirent peu après. Romain étant encore malade, il fut transporté dans le train sur une civière. Le voyage vers l’Italie fut long et passa par l’Autriche, la Tchécoslovaquie et la France. Enfin, le train arriva à la gare d’Alassio, en Ligurie. La mère et son fils poursuivirent ensuite leur trajet en taxi pendant près de deux heures jusqu’à Bordighera, une petite ville méditerranéenne située sur la côte ligure, près de la frontière franco-italienne. Elle ne se trouvait qu’à quarante-cinq kilomètres de Nice, où ils s’installeraient définitivement trois ans plus tard, en 1928. L’air marin bienfaisant, le soleil méditerranéen ainsi que les fruits et légumes de la cuisine locale contribuèrent rapidement au rétablissement de l’enfant affaibli. Ils y séjournèrent plus de deux mois avant de rentrer à Wilno le 28 avril 1925. Pourquoi Mina avait-elle choisi précisément la côte ligure ? Il ne s’agit peut-être que d’une coïncidence, mais au début de l’année 1925, le tournage du film Feu Mathias Pascal de Marcel L’Herbier, adapté du roman de Luigi Pirandello, se déroulait en Italie, notamment à Rome et à San Gimignano. Ivan Mosjoukine, le père de Roman, y tenait le rôle principal. Plusieurs scènes importantes furent également tournées à Monte-Carlo, à une courte distance de la Riviera ligure. Il est fort probable que Mosjoukine ait rencontré Mina et Roman à cette époque. Dans les archives photographiques de ZK, j’ai eu la chance de découvrir un cliché particulièrement intéressant sur lequel apparaissent Ivan Mosjoukine ainsi que les célèbres actrices Lois Moran et Marcelle Pradot, qui jouaient les rôles principaux féminins du film. À gauche, le garçon à la casquette, c'est le petit Roman Kacew. La santé fragile de Roman, ses maladies fréquentes, mais peut-être aussi l’installation définitive de Mosjoukine en France, furent parmi les raisons qui conduisirent finalement Mina et son fils à s’établir à Nice en 1928. Alexandre Vassine, groupe international de chercheurs sur la biographie de Romain Gary. Merci de votre intérêt pour Romain Gary.
6 дней назад
Pour ne pas devenir fou, le remède de Romain Gary a été de devenir écrivain Les hasards de ma biographie ont fait que j’ai traversé successivement les cultures russe, polonaise, “Mitteleuropa”, américaine, et on doit bien déceler dans mes vingt-cinq romans les traces de ces différentes vitamines que j’ai absorbées”. Romain Gary: Ils bouffent leur société avec appétit. Le Monde du 11 février 1977. Il a souvent raconté cette anecdote du caméléon: "posez-le sur du vert, il devient vert, sur du rouge, il devient rouge. Et si vous le posez sur un tapis écossais, il devient fou". Pour ne pas devenir fou, le remède de Romain Gary a été de devenir écrivain. Alors pour essayer de le cerner, le public et les critiques ont souvent cherché à le comparer à ses personnages. Il ne faut pas confondre l'auteur avec ses personnages. De tous mes romans, le seul où je me reconnaisse totalement dans ce que j'exprime, où je me suis mis tout entier sans le savoir pendant que je l'écrivais, c'est "Clair de femme".  Romain Gary dans une Archive RTS tirée de l'émission "Autoportrait" de Madeleine Constant en 1978
1 неделю назад
Romain Gary répond à la question du journaliste Jérôme le Thor : « Quelles sont les valeurs de votre univers romanesques ? » « Je n’ai qu’un souci : saisir. Saisir le monde, saisir mes personnages, saisir le lecteur et l’entraîner avec moi, faire vivre fortement… Et défendre ce qui me semble sacré dans la vie et dans l’homme.» Entretien de 1977 avec le journaliste Jérôme le Thor
2 недели назад
Diego Gary, fils de Romain Gary, raconte pour la première fois une conversation très importante avec son père: "Il m'importe beaucoup ici de vous dire un autre mot sur le sang qui coule dans nos veines. De la même façon, avec la même solennité qu'il m'a révélé le tout premier qu'il était "Émile Ajar", il m'a assuré aussi qu'il était le fils du grand acteur russe de cinéma muet, triomphant à travers toute l'Europe, Ivan Mosjoukine. A travers ce légendaire acteur, également, la Russie coule dans nos veines" !!! « Sois dur, sois fort » me disait mon père. Cela n’a pas suffit à me préparer à ce qui m’attendait. "De première main. In vivo." Telle est l'expression que Diego Gary, fils de Romain Gary, emploie dans son roman "S. ou L'espérance de vie", pour qualifier sa position vis-à-vis des biographes de son père. Qui que nous soyons, profanes ou spécialistes reconnus dans les milieux littéraires, chacun d'entre nous, dans sa découverte d'un auteur, directement à travers son œuvre, indirectement à travers une biographie, "découvre" à travers son vécu, sa grille, sa perception... En lisant "S. ou L'espérance de vie", on peut être frappé par le ton de deux extraits, dans la colère contenue, la rancoeur. Les voici : - Dialogue entre Romain Gary et son fils : " - Tu sais, Ajar, je l'ai fait pour toi. Cela n'apparaît dans aucune biographie. C'est la limite des lois du genre. Toujours à tourner autour du pot. De la vérité. Ils ne peuvent pas tout savoir. De première main. In vivo. Quoi qu'on leur ait raconté... L'homme de San Sebastian se sent soulagé, apaisé : il a lâché le morceau." - " L'odeur d'Ivan Alejandro, fils mimétique du grand acteur russe Mosjoukine dont il avait accumulé les photographies, et dont il paya le prolongement de la concession mortuaire au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois." Mythe ou réalité ? Ou réalité dans le mythe ? Romain Gary et Ivan Mosjoukine. Le 18 juin 2021, à Moscou, en présence de représentants de l'ambassade de France, fut fixée, sur la façade d'un immeuble, une plaque commémorative en souvenir des années d'enfance de Romain Gary à Moscou. Lors de la cérémonie, une des filles de Diego Gary lut ce texte, rédigé par son père : "Merci et bravo à Alexandre Vassine, dont les recherches ont permis la découverte de l'enfance moscovite de Romain Gary. Il m'est difficile de parler de mon père. Sauf pour dire qu'il s'agit d'un héros au courage extraordinaire et d'un immense écrivain. C'est un homme qui n'a jamais évoqué auprès de moi ses origines russes, ni juives d'ailleurs. Je crois qu'il voulait que je sois français sans me léguer le poids de son passé, cette France dont il a écrit "qu'elle coulait dans ses veines même s'il n'avait pas une goutte de sang français". Il m'importe beaucoup ici de vous dire un autre mot sur le sang qui coule dans nos veines. De la même façon, avec la même solennité qu'il m'a révélé le tout premier qu'il était "Émile Ajar", il m'a assuré aussi qu'il était le fils du grand acteur russe de cinéma muet, triomphant à travers toute l'Europe, Ivan Mosjoukine. A travers ce légendaire acteur, également, la Russie coule dans nos veines. Merci, merci beaucoup. Diego Gary". "De première main. In vivo". Suivant les écrits de Diego Gary, son père Romain Gary était mandaté pour payer les renouvellements de la concession mortuaire des deux frères, Ivan et Alexandre Mosjoukine, enterrés dans le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois. Depuis 1969, et par-delà sa mort, jusqu'en 2058!!!, puisqu'il avait laissé des fonds à cet effet. Mythe ou réalité ? Réalité dans le mythe ? Fabienne Girard avec Alexandre Vassine Sur le photomontage, en partant de la gauche : Romain Gary et Ivan Mosjoukine. Les membres de notre groupe Romain Gary remercient Diego Gary pour ces documents personnels, qu'il a aimablement communiqués à Alexandre Vassine, administrateur de notre groupe.
2 недели назад
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