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Diego Gary, fils de Romain Gary, raconte pour la première fois une conversation très importante avec son père: "Il m'importe beaucoup ici de vous dire un autre mot sur le sang qui coule dans nos veines. De la même façon, avec la même solennité qu'il m'a révélé le tout premier qu'il était "Émile Ajar", il m'a assuré aussi qu'il était le fils du grand acteur russe de cinéma muet, triomphant à travers toute l'Europe, Ivan Mosjoukine. A travers ce légendaire acteur, également, la Russie coule dans nos veines" !!!

« Sois dur, sois fort » me disait mon père. Cela n’a pas suffit à me préparer à ce qui m’attendait.
"De première main. In vivo."
Telle est l'expression que Diego Gary, fils de Romain Gary, emploie dans son roman "S. ou L'espérance de vie", pour qualifier sa position vis-à-vis des biographes de son père.
Qui que nous soyons, profanes ou spécialistes reconnus dans les milieux littéraires, chacun d'entre nous, dans sa découverte d'un auteur, directement à travers son œuvre, indirectement à travers une biographie, "découvre" à travers son vécu, sa grille, sa perception...
En lisant "S. ou L'espérance de vie", on peut être frappé par le ton de deux extraits, dans la colère contenue, la rancoeur.
Les voici :
- Dialogue entre Romain Gary et son fils :
" - Tu sais, Ajar, je l'ai fait pour toi.
Cela n'apparaît dans aucune biographie. C'est la limite des lois du genre. Toujours à tourner autour du pot. De la vérité. Ils ne peuvent pas tout savoir. De première main. In vivo. Quoi qu'on leur ait raconté... L'homme de San Sebastian se sent soulagé, apaisé : il a lâché le morceau."
- " L'odeur d'Ivan Alejandro, fils mimétique du grand acteur russe Mosjoukine dont il avait accumulé les photographies, et dont il paya le prolongement de la concession mortuaire au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois."

Mythe ou réalité ?
Ou réalité dans le mythe ?
Romain Gary et Ivan Mosjoukine.
Le 18 juin 2021, à Moscou, en présence de représentants de l'ambassade de France, fut fixée, sur la façade d'un immeuble, une plaque commémorative en souvenir des années d'enfance de Romain Gary à Moscou. Lors de la cérémonie, une des filles de Diego Gary lut ce texte, rédigé par son père :
"Merci et bravo à Alexandre Vassine, dont les recherches ont permis la découverte de l'enfance moscovite de Romain Gary. Il m'est difficile de parler de mon père. Sauf pour dire qu'il s'agit d'un héros au courage extraordinaire et d'un immense écrivain. C'est un homme qui n'a jamais évoqué auprès de moi ses origines russes, ni juives d'ailleurs. Je crois qu'il voulait que je sois français sans me léguer le poids de son passé, cette France dont il a écrit "qu'elle coulait dans ses veines même s'il n'avait pas une goutte de sang français".
Il m'importe beaucoup ici de vous dire un autre mot sur le sang qui coule dans nos veines. De la même façon, avec la même solennité qu'il m'a révélé le tout premier qu'il était "Émile Ajar", il m'a assuré aussi qu'il était le fils du grand acteur russe de cinéma muet, triomphant à travers toute l'Europe, Ivan Mosjoukine. A travers ce légendaire acteur, également, la Russie coule dans nos veines.
Merci, merci beaucoup.
Diego Gary".
"De première main. In vivo". Suivant les écrits de Diego Gary, son père Romain Gary était mandaté pour payer les renouvellements de la concession mortuaire des deux frères, Ivan et Alexandre Mosjoukine, enterrés dans le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois. Depuis 1969, et par-delà sa mort, jusqu'en 2058!!!, puisqu'il avait laissé des fonds à cet effet.
Mythe ou réalité ?
Réalité dans le mythe ?
Fabienne Girard avec Alexandre Vassine
Sur le photomontage, en partant de la gauche : Romain Gary et Ivan Mosjoukine.
Les membres de notre groupe Romain Gary remercient Diego Gary pour ces documents personnels, qu'il a aimablement communiqués à Alexandre Vassine, administrateur de notre groupe.
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