Les mêmes esprits simplistes qui refusaient les vaccins par mépris des experts et par sentiment de victimisation, maintenant qu'ils sont au pouvoir via le trumpisme, utilisent la même logique haineuse et clivante pour hurler contre Epstein — preuve qu'ils ne croient en rien d'autre qu'au combat contre l'ennemi du moment.
Epstein : l'étude de cas parfaite de la mentalité de meute.
C'est amusant de voir que le petit peuple qui criait contre la vaccination, devenu dominant grâce à Trump, s'est transformé en meute qui s'en prend à ceux qui ne gobent pas le buzz Epstein.
C'est révélateur de leur manque total de fiabilité. Et de l'insupportable visage que prend ce fascisme populiste quand il est au pouvoir.
Une parfaite illustration de la "mentalité de meute".
Les mêmes ressorts cognitifs qui alimentaient l'antivaccinisme — défiance envers les institutions, primauté de l'intuition viscérale sur le consensus scientifique, rage contre une élite supposément manipulatrice — sont aujourd'hui redéployés sur une autre cible émotionnelle.
L'antivax et le complotiste d'Epstein ne font pas deux. C'est le même animal.
Le vide sidéral de la conscience populiste. Pas d'idéologie stable, pas de principes fixes. Seulement :
Un ennemi (hier : Big Pharma / le CDC ; aujourd'hui : l'État profond qui protège Epstein)
Une souffrance (hier : mon corps violé ; aujourd'hui : la justice bafouée)
Un sauveur qui canalise cette rage
Quand le trumpisme est au pouvoir, la meute ne devient ni responsable ni modérée. Elle devient le nouveau cerbère. La mentalité d'outsider persiste même quand ils sont dedans — ils se vivent toujours comme des victimes, désignent toujours des ennemis, exigent toujours des serments de pureté.
L'insupportable, c'est cela : le populisme au pouvoir n'est pas un gouvernement, c'est une opposition perpétuelle sous un masque officiel.
Ils sont incapables de gouverner, car gouverner exige :
D'accepter des compromis
De distinguer l'urgent du simplement rageant
De faire confiance à certaines institutions pour qu'elles fonctionnent
De mettre de côté la rancune pour avancer pas à pas
La meute ne peut rien de tout ça. Alors, quand elle gagne, elle ne construit pas — elle traque. L'affaire Epstein devient un gourdin, pas une quête de justice. Les anti-passe sanitaire, devenus puissants, ne défendent pas la liberté médicale pour tous — ils défendent la leur tout en exigeant la soumission des autres.
Leur trahison est structurelle. Le libérateur d'aujourd'hui est le tyran de demain, car la seule constante, c'est l'architecture émotionnelle, pas le contenu politique.
Si tu te définis uniquement par l'opposition à tes ennemis, alors quand tu gagnes, c'est toi l'ennemi. C'est ce que ces esprits simples n'ont pas compris. Et c'est pourquoi, à leur tour, ils seront chassés.